Prendre en charge la flambée des addictions comportementales


Dépendance aux écrans, aux réseaux sociaux, au sexe, au jeu… Les addictions comportementales gagnent du terrain mais ne sont pas suffisamment prises en charge.

 

On connaît depuis longtemps les addictions provoquées par des substances comme l’alcool, le cannabis, la cocaïne… Elles entraînent un état de dépendance voire d’esclavage. En état de manque, les patients souffrent à la fois sur le plan physique et psychique. Mais d’autres addictions progressent en France. Elles ne sont pas déclenchées par des produits mais par des comportements : le jeu, le sexe, les écrans… L’addiction aux écrans peut prendre des formes variées : jeux video, jeux d’argent ou pornographie en ligne, réseaux sociaux…  Depuis peu les spécialistes mettent l’accent sur le binge watching : une dépendance aux séries télévisées qui pousse à un marathon télévisuel dans lequel il est possible de passer des nuits entières à regarder des feuilletons.

 

Le cerveau producteur de drogues

 

S’agit-il de vraies addictions au sens médical du terme ? Ces addicts d’un nouveau genre ont-ils besoin de consulter pour décrocher ?  « Oui, les addictions comportementales sont de réelles addictions. Elles agissent sur les mêmes régions du cerveau que les addictions aux substances. Dans ce cas précis, ce ne sont pas des drogues extérieures qui stimulent notre cerveau, mais c’est notre comportement qui stimule la production de drogues dans notre cerveau : essentiellement la dopamine et les endorphines. N’oublions pas que le cerveau humain est le premier producteur de drogues au monde ! », explique le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions. Les addictions comportementales n’entraînent pas forcément, en cas de sevrage, un manque  physique. Elles provoquent plutôt un état de stress, des troubles du sommeil, un mal-être et finalement une perte de contrôle : c’est alors une véritable souffrance. « La prise en charge des addictions comportementales repose sur deux piliers : des médicaments régulateurs de l’humeur et les thérapies comportementales et cognitives . Ces dernières permettent au patient de comprendre pour quelles raisons il a perdu le contrôle », poursuit le Dr Lowenstein. Ce double traitement devrait permettre à ces nouveaux addicts de décrocher du comportement néfaste et de retrouver leur liberté.

 

Brigitte-Fanny COHEN

 

+ « Tous addicts et après », par le Dr William Lowenstein et le Dr Laurent Karila, éditions Flammarion.